Un état des lieux de la musique underground à Paris

Un état des lieux de la musique underground à Paris

Avec l’arrêt des concerts à la Mécanique Ondulatoire et la déconfiture de Villette Sonique, on peut se demander si les musiques hors-cadre ne sont pas en train d’être lentement mais sûrement expulsées de Paris. On a voulu en avoir le cœur net.

Historiquement, les clubs des grandes métropoles ont longtemps été considérés comme des havres de paix communautaires tout autant que des espaces d’émancipation – culturelle, sociale, sexuelle, vous choisissez. Aux États-Unis, dans le Detroit économiquement ravagé ou, plus près de nous, à Berlin, capitale européenne de toutes les percées électroniques, notamment à travers le club Tresor, mais également tous les petits qui ont depuis pullulé, de l’inévitable mastodonte Berghain à l’OHM (ouvert, d’ailleurs, par les gens du Tresor) en passant par le NK Project, vivier d’expérimentations musicales en tous genres, sans oublier les festivals en formes de grandes messes occultes – Atonal, CTM, ce genre de choses. À Paris, on a tendance à regarder Berlin à travers un filtre bien commode, comme un horizon à inatteignable et intouchable, tout en étant parfaitement conscients que la contre-culture qu’elle affiche et revendique est aujourd’hui un divertissement comme un autre, qui n’a pas grand effet sur les mentalités et a avant tout un impact sur les vols des compagnies low-cost.